Je partage avec vous une mini-série télévisée qui fut diffusée une première fois au Québec le 18 mars 1983, « La vie de Berlioz », une coproduction franco-canadienne, soviétique, suisse, belge et hongroise, réalisée par Jacques Trebouta et Viktor Sergeev. Comme son titre l’indique, il s’agit d’une mini-série biographique sur la vie et l’œuvre du compositeur et chef d’orchestre français du XIXe siècle Hector Berlioz, son enfance et son développement professionnel, sa recherche d’une nouvelle voie musicale, ses rencontres et amitiés avec des personnalités célèbres de son époque, et sa vie personnelle. J’ai vu cette série à l’âge de vingt ans, alors que j’étais en pleine phase de création poétique (mon premier recueil de poésie, “Avant propos d’un prince fou”, fut publié quelques mois plus tard). Le romantisme de Berlioz m’inspira et m’imprégna durant les années suivantes.
Cette mini-série télévisée me fit aussi découvrir la Symphonie fantastique, une œuvre d’Hector Berlioz dédiée à Nicolas Ier de Russie. Elle fut créée à Paris le 5 décembre 1830 à la salle du Conservatoire, sous la direction de François-Antoine Habeneck, six ans après la neuvième symphonie de Beethoven. Composée de cinq scènes descriptives, cette œuvre, plus proche du poème symphonique que de la symphonie, est qualifiée de musique à programme. Cette musque m’imprégna tout autant.

Comme l’écrivait avec justesse Sylvain Simard sur la chaîne Youtube : « J’ai attendu et attendu de nombreuses années pour revoir cette série qui m’avait beaucoup marqué lorsqu’elle passait à ICI Radio-Canada, c’était en 1983 si je me souviens bien. Merci pour l’intégrale. » Pour sa part, Jackeast Wood écrivait il y a deux ans : « Ce feuilleton a été diffusé une seule fois à ma connaissance, il y a 40 ans en 1983, sur TF1 il me semble, et de mémoire en seconde partie de soirée. J’avais adoré la prestation de Daniel Mesguich ! C’est fou, je ne pensais pas le trouver un jour ici et surtout mis en ligne un mois seulement après que je décide de faire une petite recherche sur Internet ! Merci !!! »
En 1867, Berlioz apprit la mort de son fils à La Havane, des suites de la fièvre jaune. Hugh Macdonald suggère qu’il chercha peut-être à se distraire de son chagrin en maintenant une série de concerts prévus à Saint-Pétersbourg et à Moscou, mais loin de le revigorer, le voyage l’épuisa. Les concerts furent un succès et Berlioz reçut un accueil chaleureux de la part de la nouvelle génération de compositeurs russes et du grand public, mais il rentra à Paris visiblement souffrant. Il se rendit à Nice pour se reposer sous le climat méditerranéen, mais chuta sur des rochers en bord de mer, probablement à la suite d’un accident vasculaire cérébral, et dut retourner à Paris, où il fut en convalescence pendant plusieurs mois. En août 1868, il se sentit capable de se rendre brièvement à Grenoble pour être membre du jury d’un festival de chant choral. De retour à Paris, il s’affaiblit progressivement et mourut à son domicile de la rue de Calais le 8 mars 1869, à l’âge de 65 ans. Il fut inhumé au cimetière de Montmartre avec ses deux épouses, qui furent exhumées et réinhumées à ses côtés.
La première diffusion française de la mini-série télévisée « La vie de Berlioz » eut lieu le 11 novembre 1983 sur la chaîne TF1. L’Orchestre symphonique de Budapest était dirigée par le chef d’orchestre hongrois Géza Oberfrank, tandis que l’Orchestre symphonique de la Compagnie de télévision et de radiodiffusion d’État de l’URSS était dirigée par le chef d’orchestre russe Vladimir Fedosseïev.◾
➽ Berlioz : « le seul grand musicien romantique français »
➦ Ici Radio-Canada, semaine du 12 au 18 mars 1983 (Vol. 17, No. 11)
Le vendredi 18 mars à 20h30 Hors série présente aux téléspectateurs de Radio-Canada le premier épisode de la Vie de Berlioz. Présentée par TF1 et Pathé Cinéma, en collaboration avec la Télévision soviétique, la Télévision hongroise et la Société Radio-Canada, la Vie de Berlioz a été réalisée par Jacques Trebouta d’après un scénario original et des dialogues de François Boyer.
Mis à part les musiciens et les mélomanes avertis, Berlioz est malheureusement fort peu connu ici. Les Français eux-mêmes admettent qu’ils n’ont guère entendu de son œuvre considérable que la Damnation de Faust et la Symphonie fantastique. Cette série filmée en France avec la collaboration de l’URSS, de la Hongrie et du Canada arrive donc à point pour faire connaître et apprécier à sa juste valeur « le seul grand musicien romantique français » dont on célébrait en 1969 le centenaire de la mort.

Hector Berlioz est né à la Côte Saint-André en Isère, en 1803. Issu d’une famille à l’aise et cultivée — son père était médecin — Berlioz est presque forcé de s’inscrire à la faculté de médecine dès son arrivée à Paris en 1821.
C’est sur cette scène que s’ouvre le premier épisode de la série. Le jeune homme a vingt ans et il est partagé entre son devoir qui, sous les traits de son père et de sa mère, lui commande de devenir médecin, et son violent désir de devenir musicien. Dieu merci pour la musique : son choix sera vite fait. Berlioz ne supporte pas la vue des cadavres et Daniel Mesguich et Anne Roussel encore moins les plaisanteries grossières des carabins. Même les arguments de ses professeurs qui soutiennent que la médecine aussi est un art ne réussissent pas à convaincre Berlioz. Aux amphithéâtres de la Faculté, Hector Berlioz préfère les salles de concert et l’Opéra. Sans plus tarder, il commence à composer. Tout de même conscient de sa tricherie vis-à-vis de ses parents, il décide d’aller les voir pour leur faire part de sa nouvelle orientation.
Dans la diligence qui le conduit à la Côte Saint-André, les souvenirs de son enfance affluent. Il se rappelle ses premières émotions musicales à l’audition du chant et de la musique d’église. Lui revient également le souvenir de son premier amour. Dans les allées du parc de Meylan, alors qu’il n’avait que douze ans, il avait rencontré la belle Estelle, de cinq ans son aînée. C’est elle qui lui inspirera ses premières œuvres et restera toute sa vie le symbole de l’amour pur et ardent… caractéristique du romantisme.
C’est à pied que Berlioz termine son voyage pour mieux voir, mieux entendre la beauté de la nature, pour lui une autre source importante d’inspiration. Et voici la Côte Saint- André, petit bourg tapi au fond d’un vallon. À cause de sa longue marche, de la chaleur et de la fatigue, Hector arrive à la maison familiale débraillé, sale et hirsute comme un vagabond. Sa mère ne le reconnaît pas et cette arrivée insolite ne favorise pas les épanchements.
Malgré la complicité de sa sœur Nancy, la réaction des parents sera hostile, violente même. M. Berlioz père, mélomane et sensible aux arguments d’Hector, se laissera attendrir. Mais Mme Berlioz sera in traitable. Elle se jettera aux pieds du fils indigne; le suppliera d’abandonner son erreur. Puis, devant l’obstination d’Hector, elle le chassera de la maison. Bouleversé, meurtri, humilié dans ce qu’il a de plus cher, Hector Berlioz revient à Paris, plus déterminé que jamais à se lancer à corps perdu dans la musique.
Son œuvre
Ses premiers ouvrages s’intitulent Ouverture des francs-juges (1828); Huit scènes de Faust (1£S29) ; Sardanapale, cantate qui lui vaut le prix de Rome en 1830, ainsi que son premier chef-d’oeuvre, la Symphonie fantastique, composée la même année.
Plus tard, vers 1834, il remporte un vif succès avec sa symphonie concertante Harold en Italie. En 1837, il compose un Requiem et, l’année suivante, l’opéra Benvenuto Cellini. En 1839, Berlioz écrit une symphonie dramatique intitulée Roméo et Juliette. Des années plus tard, il donnera au monde des œuvres grandioses hélas fort peu jouées comme l’Enfance du Christ (1854); un Te Deum (1855); un opéra comique, Béatrix et Bénédict (1862), et son grand opéra, les Troyens à Carthage (1864).
Considéré non seulement comme le plus grand mais le seul représentant authentique du romantisme français en musique, Berlioz est, dans la multiplicité de ses styles, un maître de liberté, un incomparable coloriste et un voyant inspiré. ◾
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En tant qu’auteur et chroniqueur indépendant, Guy Boulianne est membre du réseau d’auteurs et d’éditeurs AuthorsDen et de la Nonfiction Authors Association (NFAA) aux États-Unis. Il adhère à la Charte d’éthique mondiale des journalistes de la Fédération internationale des journalistes (FJI).




