
Dans son livre “La Treizième Tribu” (1976), Arthur Koestler avançait la thèse selon laquelle les Juifs ashkénazes ne descendent pas des Israélites historiques de l’Antiquité, mais des Khazars, un peuple turc originaire et peuplant un empire au nord et entre la mer Noire et la mer Caspienne. Né de parents juifs, Koestler manipulait ainsi l’histoire en espérant mettre fin à l’antisémitisme. Ceci n’est pas très étonnant puisqu’il était membre du mouvement sioniste révisionniste Hatzohar qui voulait créer en Palestine un État juif moderne et démocratique. Mais la thèse de Koestler est aujourd’hui amplement réfutée par les historiens et les spécialistes.
Nous avons vu dans un article précédent que les Ashkénazes ne descendent ni des habitants de l’ancien Israël, ni des Khazars à proprement parler. En fait, ceux qui ont usurpé l’identité des Khazars aux VIIe et VIIIe siècles descendaient,— non pas des Juifs ni des peuples turcophones convertis au judaïsme ―, mais bien des marchands Radhanites esclavagistes qui étaient issus de la lignée de Cusch, le propre neveu de Nimrod, fondateur et premier roi de Babylone après le déluge. Étant les descendants de Cham et non pas ceux de Sem dont est issu Jacob (c’est-à-dire Israël), les Radhanites ne peuvent donc pas être assimilés aux « Juifs », mais plutôt à Cusch, l’ancêtre des Kassites de Babylonie.
À l’occasion de la parution de ses mémoires “L’aurore vient du fond du ciel”, Thierry Ardisson recevait l’écrivain Maurice Druon à son émission « Tout le monde en parle », le 27 mai 2006 sur la chaîne de télévision généraliste française de service public, France 2. Ardisson demanda à Druon : « Vous racontez dans vos mémoires que vous descendez d’une lignée de juifs russes. Vous dites des juifs des steppes, des Khazars convertis. C’est quoi des Khazars convertis ? » Suivant les traces de Koestler et perpétuant ainsi les mêmes erreurs ou les mêmes mensonges, ce dernier répondit :
« Les Khazars… Il y avait entre le VIIe et IXe siècle un grand État au milieu de la Russie, l’État Khazar, qui étaient les Turkmènes en fait. C’était un empire marchand. À l’époque où tous les polythéistes, animistes, chamanistes ont été amenés à se convertir au monothéisme, les Russes de Kiev ont choisi la religion orthodoxe et les Khazars ont choisi la religion juive. Et c’est ainsi que ce grand empire a été un empire juif et puis que les Slaves l’ont conquis. Finalement tous les Ashkénazes ou presque sont des Khazars repoussés sans arrêt par les Slaves au cours des siècles. »
Secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie française, Maurice Druon évoquait aussi la politique culturelle menée lorsqu’il était aux affaires et le projet de reconstruction des palais des Tuileries. Il s’expliquait sur sa critique du procès de Maurice Papon et à propos de sa position sur la peine de mort.
Remarquez ci-dessous la canne de Maurice Druon, avec son pommeau à tête de serpent.
➽ À propos de Maurice Druon, de l’Académie française
Né le 23 avril 1918 à Paris où il est mort le 14 avril 2009, Maurice Druon est un écrivain et homme politique français. Il est le neveu de Joseph Kessel et est particulièrement connu comme auteur avec son oncle des paroles du Chant des Partisans. Il était le fils de Lazare Kessel (1899–1920), un immigrant juif russe, et a été élevé à La Croix-Saint-Leufroy en Normandie et scolarisé au lycée Michelet de Vanves. Son père s’est suicidé en 1920 et sa mère s’est remariée en 1926 ; Maurice a alors pris le nom de son père adoptif, l’avocat René Druon (1874–1961). Il était le neveu de l’écrivain Joseph Kessel, avec lequel il a traduit le « Chant des Partisans », un hymne de la Résistance française de la Seconde Guerre mondiale, dont la musique et les paroles (en russe) étaient à l’origine d’Anna Marly. Druon était membre de la Résistance et est venu à Londres en 1943 pour participer à l’émission “Honneur et Patrie” de la BBC.
Druon commença à écrire pour des revues littéraires à l’âge de 18 ans. En septembre 1939, mobilisé, il publia dans Paris-Soir un article intitulé « J’ai vingt ans et je pars ». Après la chute de la France en 1940, il fut démobilisé et resta en zone non occupée. Sa première pièce, Mégarée, fut jouée à Monte-Carlo en février 1942. La même année, il rejoignit les forces du général de Gaulle et devint aide de camp du général François d’Astier de La Vigerie. En 1948, Druon reçut le prix Goncourt pour son roman « Les Grandes Familles », et publia plus tard deux suites.
Élu au 30e siège de l’Académie française le 8 décembre 1966, succédant à Georges Duhamel, il fut nommé secrétaire perpétuel en 1985. Il démissionna fin 1999 en raison de son âge avancé et œuvra pour que Hélène Carrère d’Encausse lui succède, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste. Il fut nommé secrétaire perpétuel honoraire à partir de 2000. À la mort d’Henri Troyat le 2 mars 2007, il devint doyen de l’Académie, dont il était le membre le plus ancien.
Bien que ses travaux universitaires lui aient valu un siège à l’Académie, Druon est surtout connu pour sa série de romans historiques, publiés dans les années 1950 sous le titre “Les Rois maudits”. Ces romans ont été adaptés pour la télévision française en 1972, rencontrant un succès international, puis en 2005 avec Jeanne Moreau dans le rôle principal. Une troisième adaptation, cette fois pour le cinéma, était en préparation fin 2024, avec un premier film, “Le Roi de fer”, dont le tournage devait débuter en 2027. L’auteur de fantasy George R.R. Martin a déclaré que ces romans l’avaient inspiré pour sa saga “Le Trône de fer” et a qualifié Druon de « meilleur romancier historique français depuis Alexandre Dumas père ».
Le seul ouvrage de Druon destiné aux enfants – Tistou les Pouces verts – a été publié en 1957 et traduit en anglais en 1958 (sous le titre Tistou of the Green Thumbs) et en 2012 (sous le titre Tistou: The Boy With Green Thumbs).
Druon fut ministre de la Culture (1973-1974) dans le gouvernement de Pierre Messmer, et député de la 22e circonscription de Paris (1978-1981). Il laisse dans le deuil sa seconde épouse, Madeleine Marignac, qu’il avait épousée en 1968. Madeleine Druon est décédée en 2016 à l’âge de 91 ans. ◾

Abonnez-vous à ma lettre d’information
Et recevez un code de réduction de 40 % pour l’adhésion à mon Club VIP.

En tant qu’auteur et chroniqueur indépendant, Guy Boulianne est membre du réseau d’auteurs et d’éditeurs AuthorsDen et de la Nonfiction Authors Association (NFAA) aux États-Unis. Il adhère à la Charte d’éthique mondiale des journalistes de la Fédération internationale des journalistes (FJI).



