Le 26 juillet dernier, j’ai partagé la critique du livre du théologien Hermann Leberecht Strack, “Le sang et la fausse accusation du meurtre rituel” (1891), rédigée par le professeur d’otologie et de laryngologie, Dr Paul Garnault. Le livre de Strack offre un examen historique et sociologique approfondi de la signification du sang dans les croyances religieuses et les superstitions à travers diverses cultures. Il plonge dans le contexte historique du sacrifice humain, explorant sa prévalence dans les civilisations anciennes et son contraste frappant avec la loi religieuse juive, qui interdisait strictement de telles pratiques. Le Dr Garnault écrit dans sa critique : « Sémites ou Ariens, nous avons tous dans nos cœurs un barbare qui sommeille; tous nous avons derrière nous de longues traditions de sauvagerie atavique. A quoi bon essayer de renier ce passé. Il se révèle trop souvent dans des crimes qui n’ont pas besoin d’être rituels pour que nous retrouvions dans les motifs inconscients qui les déterminent la conservation des antiques traditions, l’héritage d’un passé sanglant, entretenu par les idées ou les pratiques religieuses, sous les formes dissimulées de la circoncision, de la communion, du rachat et du sacrifice »
Aujourd’hui, je vous annonce que j’ai réalisé la première traduction française intégrale du livre de l’historien et professeur Ariel Toaff, intitulé “Pâques de sang : les Juifs d’Europe et les meurtres rituels”. Fils d’Elio Toaff, ancien grand rabbin de Rome, celui-ci est professeur émérite à l’université Bar-Ilan en Israël, et ses travaux portent sur les Juifs et leur histoire en Italie. Publié une première fois en 2007 sous le titre “Pasque di sangue. Ebrei d’Europa e omicidi rituali”, son livre analyse un procès médiéval où la communauté juive fut accusée d’avoir assassiné un enfant à des fins rituelles lors de la Pâque juive. Parce que l’ouvrage semblait corroborer l’une des accusations de meurtre rituel, il a suscité une vive controverse : des appels à la démission ou au renvoi de l’auteur de son poste de professeur ; des remises en question de ses recherches, de sa méthodologie historique et de ses motivations ; des menaces de mort ; et des demandes de poursuites judiciaires.
Toaff promit de ne pas céder aux pressions et de défendre son œuvre « même au péril de sa vie ». En réponse à une déclaration de dirigeants juifs italiens affirmant que la consommation ou l’utilisation du sang était interdite par la loi et la tradition juives, Toaff souligna qu’il n’impliquait pas tous les Juifs, mais seulement « un groupe de Juifs fondamentalistes [qui] ne respectaient pas l’interdiction biblique [contre l’usage du sang] ». Il déclara au journal Haaretz, le 12 février 2007 : « Sur plusieurs dizaines de pages, j’ai démontré l’importance du sang pendant la Pâque. À partir de nombreux sermons, j’ai conclu que le sang était utilisé, notamment par les juifs ashkénazes, et qu’il existait une croyance dans les vertus curatives particulières du sang d’enfants. Il s’avère que parmi les remèdes des juifs ashkénazes figuraient des poudres à base de sang. » L’article précise également : « Bien que l’usage du sang soit interdit par la loi juive, Toaff affirme avoir trouvé la preuve qu’une école rabbinique ashkénaze très restrictive autorisait son utilisation, même humaine. Les rabbins l’ont permis à la fois parce que le sang était déjà séché et parce que, dans les communautés ashkénazes, il s’agissait d’une coutume acceptée ayant force de loi. »
Toaff finit par retirer son livre de la vente. Une seconde édition du livre est parue en février 2008. Dans un épilogue, Toaff a soutenu que sa thèse ne visait pas le judaïsme normatif mais la « culture du sang » ashkénaze aberrante — les usages thérapeutiques et magiques du sang documentés dans des sources juives comme les études d’Israel Yuval — potentiellement reflétés dans des éléments fragmentaires et authentiques des confessions de Trente malgré la torture. Il estime possible que, dans certains groupes ashkénazes, le sang humain séché ait acquis une dimension magique permettant d’attirer la vengeance divine sur les chrétiens, persécuteurs historiques des Juifs, et que cette réaction ait pu influencer certaines pratiques rituelles chez un nombre restreint de Juifs ashkénazes durant la Pâque.
L’historien israélien, Yechiam Sorek, prit la défense du professeur Ariel Toaf dans une lettre d’opinion publiée dans le journal scientifique Hayadan (הידען), le 6 mars 2007. Il écrit : « Ce qui m’a vraiment dérangé, c’est que personne dans le monde universitaire ne se soit levé pour défendre les arguments du professeur Toaf. Je ne m’attends pas à ce que quiconque le défende simplement parce qu’il est un chercheur renommé et une figure importante du monde de la recherche, mais au moins pour la simple raison de la liberté de recherche et de la liberté d’expression. Depuis les origines des universités, depuis le Moyen Âge, il existait une libre association entre professeurs et étudiants pour mener des recherches, même si elles étaient “fausses”. » Il concluait sur ce constat : « En tout cas, l’« hystérie » qui entoure les recherches du professeur Toaf exhale les effluves nauséabondes d’une quête de transformation personnelle, d’un conformisme conservateur et rigide, et d’un terrible syndrome de protectionnisme exacerbé. »
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EXCLUSIF — Vous trouverez ci-dessous la traduction française de l’édition originale publiée en 2007 — avant sa révision censurée de 2008 — du livre de l’historien et professeur Ariel Toaff, “Pâques de sang : les Juifs d’Europe et les meurtres rituels”. Vous pourrez le lire en ligne dans son intégralité. Cet ouvrage de 404 pages inclut les 23 illustrations d’origine, ainsi que 691 notes de bas de page. Il s’agit assurément d’une œuvre de très grande érudition. À LIRE ABSOLUMENT !
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Frère Nathanaël nous explique comment les Juifs utilisaient le sang chrétien pour des rituels ésotériques kabbalistiques dans l’Europe médiévale. — ☦ ✡ ✝
Frère Nathanael (Nathanael Kapner) est un moine orthodoxe américain, né en 1950 à Pittsburgh dans une famille juive. Après avoir grandi dans le judaïsme, il s’est converti au christianisme orthodoxe, conversion qui est devenue le point central de son parcours spirituel et de son activité publique.
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En tant qu’auteur et chroniqueur indépendant, Guy Boulianne est membre du réseau d’auteurs et d’éditeurs AuthorsDen et de la Nonfiction Authors Association (NFAA) aux États-Unis. Il adhère à la Charte d’éthique mondiale des journalistes de la Fédération internationale des journalistes (FJI).



