Magnifica Humanitas est la première encyclique du pape Léon XIV, consacrée à la « protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle ». Elle a été publiée le 25 mai 2026. Léon XIV a choisi de présenter personnellement l’encyclique, contrairement à la plupart des autres papes qui ont délégué cette tâche aux cardinaux. Des experts en intelligence artificielle, dont le Canadien Chris Olah (cofondateur d’Anthropic) et le Québécois Richard St-Pierre (conseiller principal en souveraineté quantique et numérique chez Levio) ont assisté à la présentation.
Depuis le début de son pontificat, le pape Léon XIV a clairement indiqué que l’essor de l’intelligence artificielle, la crise de la dignité humaine et le déclin du multilatéralisme étaient des préoccupations majeures. L’encyclique a été publiée jour pour jour, à l’occasion du 135e anniversaire de Rerum novarum, l’encyclique phare de son homonyme, le pape Léon XIII, sur l’industrialisation.
Début mai 2026, le pape a approuvé la création d’une commission interdicastérielle sur l’intelligence artificielle, composée de représentants de sept dicastères de la Curie romaine : le Dicastère pour le service du développement humain intégral, le Dicastère pour la doctrine de la foi, le Dicastère pour la culture et l’éducation, le Dicastère pour la communication, l’Académie pontificale pour la vie, l’Académie pontificale des sciences et l’Académie pontificale des sciences sociales. Cette commission aurait pour mission de « faciliter la collaboration et l’échange entre les membres du groupe des informations concernant les activités et les projets relatifs à l’Intelligence Artificielle, y compris les politiques de son utilisation au sein du Saint-Siège, en promouvant le dialogue, la communion et la participation ».
Chris Olah, cofondateur d’Anthropic, a été invité à prendre la parole lors de la présentation de l’encyclique au Vatican le 25 mai 2026. Il a salué le rôle du Vatican en tant que « critique éclairé » et le début d’une « longue collaboration entre ceux d’entre nous qui élaborons ce projet et ceux qui, de l’intérieur, peuvent voir ce que nous ne pouvons pas ». Parmi les autres experts intervenus aux côtés de Léon XIV lors de cette présentation figuraient la professeure Anna Rowlands, le cardinal Víctor Manuel Fernández, le cardinal Michael Czerny, SJ, et le professeur Léocadie Lushombo.
Le contenu de l’encyclique Magnifica Humanitas
L’encyclique Magnifica Humanitas s’attache à « préserver la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle ». Elle condamne notamment l’utilisation de l’IA dans la guerre, affirmant que la réduction du contrôle humain sur les armements rend la justification d’une guerre plus difficile. Léon XIII écrit que « la théorie de la « guerre juste », trop souvent utilisée pour justifier toute forme de guerre, est désormais dépassée ». L’encyclique déconseille également une course aux armements basée sur l’IA et critique l’utilisation des deepfakes en politique. Dans Magnifica Humanitas, Léon XIII affirme que la technologie n’est jamais neutre, et soutient que l’humanité est confrontée à un choix entre « construire Babel et reconstruire Jérusalem », entre un pouvoir distant et orgueilleux et une communauté centrée sur l’humain. L’encyclique présente également des excuses pour le rôle de l’Église catholique dans l’esclavage, en rappelant la condamnation formelle et absolue de l’esclavage au XIXe siècle, formulée par son homonyme, le pape Léon XIII, dans In plurimis.
Le roman de J. R. R. Tolkien, “Le seigneur des anneaux – Tome 3: Le Retour du Roi” (Livre V), a été cité dans la section « Tous nous pouvons apporter notre contribution » (paragraphe 213) :
Un écrivain catholique du XXe siècle, John Ronald Reuel Tolkien, a décrit ainsi notre responsabilité par la bouche de l’un des protagonistes d’un roman : « Il ne nous appartient toutefois pas de rassembler toutes les marées du monde, mais de faire ce qui est en nous pour le secours des années dans lesquelles nous sommes placés, déracinant le mal dans les champs que nous connaissons, de sorte que ceux qui vivront après nous puissent avoir une terre propre à cultiver ». La civilisation de l’amour ne naît pas d’un geste unique et spectaculaire, mais d’une somme de petites et tenaces fidélités faisant barrage à la déshumanisation. C’est pourquoi il vaut la peine de s’arrêter et d’examiner la manière dont chacun dans son domaine peut contribuer à sa construction. Sans prétendre épuiser le sujet, je propose cinq pistes de responsabilité quotidienne et publique : désarmer les mots, construire la paix dans la justice, adopter le regard des victimes, cultiver un sain réalisme, relancer le dialogue et le multilatéralisme.
La réception de l’encyclique Magnifica Humanitas
Margherita Stancati et Sam Schechner, du Wall Street Journal, ont décrit l’encyclique comme « un texte qui s’apprête à définir le pontificat de Léon XIII », ajoutant qu’elle était « attendue de longue date » comme un enseignement moral précieux pour les décideurs politiques et les groupes religieux. David Streitfeld, du New York Times, a analysé le texte comme illustrant le contraste entre les religions traditionnelles et une tendance croissante dans la Silicon Valley à parler d’intelligence artificielle sur un ton quasi religieux. La BBC a décrit Magnifica Humanitas comme « un message clair et direct adressé aux personnes au pouvoir concernant leurs responsabilités dans la maîtrise des « menaces » qu’elle représente ». Sally Scholz, du National Catholic Reporter, a salué l’accent mis par le document sur la solidarité, affirmant qu’il « synthétise magnifiquement la tradition ». En revanche, Matthew Walther, écrivain catholique et critique de l’IA, l’a jugée « décevante par sa mesure et sa prudence ».
L’encyclique a également attiré l’attention d’un public plus large, notamment sur les réseaux sociaux, suscitant des éloges et de nombreux mèmes. Des comparaisons ont notamment été faites avec Dune de Frank Hebert et son concept de djihad butlérien.
Les grandes entreprises du numérique, notamment les dirigeants des GAFAM et des entreprises de la Silicon Valley, généralement prompts à réagir sur les réseaux sociaux, ne commentent pas le texte, à l’exception naturelle d’Anthropic, dont le président Chris Olah participait à la présentation de l’encyclique. David Sacks affirme que la régulation étatique de l’intelligence artificielle souhaitée par Léon XIV crée des risques de surveillance généralisée, faisant notamment référence au roman 1984. Les analystes estiment que les magnats de la haute technologie ont conscience de devoir réagir au texte, ne serait-ce que pour des raisons de marketing et d’image, même si l’encyclique a peu de chance de peser sur leurs décisions. [Source : La Croix] ◾
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En tant qu’auteur et chroniqueur indépendant, Guy Boulianne est membre du réseau d’auteurs et d’éditeurs AuthorsDen et de la Nonfiction Authors Association (NFAA) aux États-Unis. Il adhère à la Charte d’éthique mondiale des journalistes de la Fédération internationale des journalistes (FJI).



