Assez curieusement, un quotidien du Québec encore récent à cette époque, Le Nouvelliste de Trois-Rivières, s’intéressa aux Khazars et au Khaganat khazar dans un article qui fut publié le 16 août 1933, intitulé : “Un empire juif au 7ème siècle”. Le Khaganat khazar ou Empire khazar était un khaganat (un royaume turc ou mongol, dirigé par un khan) fondé par les Khazars au VIIe siècle qui s’imposa comme une des principales puissances politiques et militaire d’Eurasie avant de disparaitre à la fin du Xe siècle. À son apogée, il exerçait son autorité sur un territoire qui s’étendait dans sa partie centrale entre la mer Caspienne et la mer Noire, les steppes pontiques, le Caucase, la Transcaucasie, les régions du Don et de la Volga.
Je partage donc cet article dans le cadre de mon Dossier sur les Khazars.
Le Nouvelliste est un quotidien de langue française fondé le 30 octobre 1920 à Trois-Rivières, dans un contexte de grands changements dans la province de Québec. À part ce dernier, plusieurs journaux ont vu le jour à Trois-Rivières et ceux-ci se sont tous tournés vers l’échec, mis à part, le Trifluvien qui sera au cœur de la naissance du Nouvelliste. Les journaux trifluviens n’ont pas tous eu la même attention dans la région mauricienne. Lors de l’arrivée de Joseph Herman Fortier, fondateur du Nouvelliste, ce dernier possède un magasin et commence à faire de la publicité. Ainsi, il crée un quotidien où il tente de faire grandir ses affaires. Son quotidien consiste donc à faire fructifier les revenus de sa boutique.
La caractéristique qui permet au Nouvelliste d’être produit et influent est sans aucun doute le fort taux d’emploi des bucherons dans la région de la Mauricie En chiffre, en 1923, près de 25 000 bucherons contribuent au développement du quotidien. Cela donne un premier souffle au journal, ce qui lui permet de prendre ces aises sur le marché économique de la région. Le directorat se donne le titre : « Le seul journal quotidien publié dans la plus importante région manufacturière de papier au monde ». Le journal est actuellement édité par la Coopérative Le Nouvelliste, membre du groupe de presse Coopérative nationale de l’information indépendante depuis 2020. ◾
« La branche ashkénaze présente une forte influence mongole, due à ses mariages avec les Khazars, une tribu asiatique d’origine mongoloïde qui s’est installée dans le sud de la Russie et s’est convertie au judaïsme il y a mille ans. C’est des Khazars que semblent provenir la petite taille, le visage plat, les pommettes hautes et d’autres traits caractéristiques des Juifs d’Europe de l’Est. » — Ian McLeish, 1er juin 1948
➽ Un empire juif au 7ème siècle
➦ Publié par : Le Nouvelliste, le 16 août 1933

Les Khazars habitaient, au début du moyen âge, les steppes de la Russie du Sud s’étendant entre la Mer Caspienne et la Mer Noire, écrit la “Prager Presse”, de Prague. Leur histoire est d’autant plus intéressante que c’est le seul peuple qui se soit converti au judaïsme, et cela à une époque où la religion mosaïque semblait avoir déjà perdu sa force d’attraction. Jusqu’à ces derniers temps les circonstances et la date de cette conversion et, d’une manière générale, tout ce qui concerne ce peuple curieux était plongé dans un brouillard épais; ce n’est que tout récemment qu’on a pu jeter un peu de lumière sur ce chapitre obscur de l’histoire.
Partis de la Sarmatie, région du sud de l’Oural. les Khazars poussaient peu à peu vers la mer Caspienne. Au IVe siècle après Jésus-Christ, ils durent se soumettre d’abord aux Huns, ensuite, pour une période très courte, successivement aux Avars et aux Turcs Cependant au VIIe siècle leur Empire était redevenu si puissant qu’ils purent, à plusieurs reprises, se mesurer avec succès avec la Perse à qui leurs armées infligèrent des pertes sérieuses. L’Empire byzantin lui-même recherchait leur amitié. C’est au reste grâce au concours de la cavalerie khazare que l’Empereur Heraclius remporta une victoire éclatante sur les ennemis communs, les Perses.
Par la suite, devant le danger arabe de plus en plus menaçant, les relations des Khazars avec Byzance demeurèrent amicales. Pendant la première moitié du VIIIe siècle, les Khazars semblaient sur le point de succomber aux Arabes qui avaient occupé leur capitale Semender en les forçant à construire une nouvelle ville, Itil à l’embouchure de la Volga. Cependant, peu après, ayant récupéré les forces perdues, les Khazars triomphèrent de leurs ennemis dans un combat où 20,000 Arabes trouvèrent la mort, et poussèrent jusqu’à le Mésopotamie. Par cette victoire qui eut lieu en 731, les Khazars ayant arrêté le flot arabe rendirent à la civilisation chrétienne un service analogue à celui rendu par les troupes de Charles Martel qui écrasèrent les Arabes en 732 près de Poitiers.

Au cours de la première moitié du VIIIe siècle, trois religions se disputèrent le peuple khazar resté païen. L’Empire byzantin notamment, toujours en bons rapports avec les Khazars, envoya dans leur pays de nombreux missionnaires. Le travail de ceux-ci porta bientôt des fruits, non seulement en Crimée, mais à l’intérieur du pays et même dans !a capitale. Cette propagande religieuse constitue un des plus glorieux chapitres de l’histoire de l’Église byzantine.
Simultanément les Arabes déployaient de grands efforts pour gagner les Khazars à l’islamisme. Des écrivains arabes, tels Al-Bekri, Ibn-al-Atir et Masudi, nous ont laissé de curieux témoignages sur la propagande musulmane dans l’Empire des Khazars. La religion musulmane a également trouvé des adeptes parmi les Khazars, mais ce ne fut ni l’enseignement du Christ ni celui de Mahomet qui l’emporta dans l’Empire des Khazars. En effet. chose incroyable, la grande majorité du peuple opte pour la religion mosaïque.
A cette époque il existait en Crimée, en Arménie et au Caucase, de nombreuses colonies juives dont l’influence sur les peuples voisins devait être considérable. Le nombre de Juifs fixés dans l’Empire des Khazars s’accrut sensiblement vers 723, lorsque Léon III l’Isaurien entreprit une campagne de persécution contre les fils d’Israël.
La conversion des Khazars au judaïsme nous est rapportée non seulement par des auteurs arabes mais aussi par des écrivains juifs, notamment par la Correspondance entre Hasdaï ibn Shaprut, le ministre juif du calife de Cordoue, et 1e khan khazar, Joseph. Par un heureux hasard, ces documents furent complétés en 1912 grâce à la découverte d’une lettre adressée au même ministre par un Juif khazar.
Pendant longtemps, en croyait voir dans les nombreux documents arabes et hébraïques ayant trait à la conversion des Khazars au judaïsme, des contradictions flagrantes. Mais il apparut par la suite que ce qui semblait contradictoire était d’une concordance parfaite.

C’est on 731 que la propagande juive remporta sa première grande victoire dans le pays des Khazars. En effet, un Juif nommé Bulan, qui avait combattu aux côtés de nombreux coreligionnaires dans les rangs des Khazars contre le Arabes, fit preuve d’une telle vigilance que les Khazars admiratifs, le proclamèrent khan. D’abord plutôt indifférent aux questions religieuses, Bulan ne tarda pas à subir l’influence de savants juifs et à organiser une propagande active en faveur de la religion mosaïque. Il fit même venir à sa cour des érudits juifs de Mésopotamie et de Palestine.
Lee missionnaires chrétiens et arabes redoublèrent alors de zèle. Sur l’initiative du khan on organisa une grande controverse religieuse où prirent part les représentants les plus éminents des trois cuites. La victoire revint aux Juifs, ce qui n’empêche pas la propagande chrétienne et mahométane de se poursuivre.
Le judaïsme n’a pris définitivement le dessus, au sein du peuple khazar, que vers 762-763, sous le règne de Dovadia-Savriel, un des plus grands champions du judaïsme. Il en résulte une nouvelle guerre avec les Arabes et un relâchement des liens d’amitié avec l’Empire byzantin. Ces deux États ne devaient réunir à nouveau leurs forces que lorsque l’expansion du monde arabe ce fit une fois de plus menaçante.
Outre les documents arabes et hébraïques, la conversion des Khazars au judaïsme est encore confirmée par de vieilles légendes slaves. L’une de celles-ci rapporte notamment la fameuse controverse religieuse, qui est un fait historique datant de 748.
En 860 les apôtres slaves, Saint Cyrille, surnommé le philosophe, et son frère Méthode, se rendirent chez les Khazars, non point pour rivaliser avec les Juifs mais pour conclure une alliance politique dirigée contre les Russes. Les légendes inspirées par cette mission constituent le seul écho littéraire de cet événement important. Elles confirment indirectement d’ailleurs, les renseignements arabes et hébraïques ayant trait à la conversion des Khazars au judaïsme. ◾
« Qu’est devenue la population Khazar? Dispersés vers les Karpates, le Caucase, la Hongrie, l’Ukraine, la Pologne, la Lituanie, ces groupes de fugitifs se mêlant aux populations locales auraient donné naissance au peuple juif ashkénaze (nom issu de Ashkenaz, fils de Gomer, fils de Japhet troisième fils de Noé). » — Pr. Roger Elmoznino, avril 2003
Abonnez-vous à ma lettre d’information
Et recevez un code de réduction de 40 % pour l’adhésion à mon Club VIP.

En tant qu’auteur et chroniqueur indépendant, Guy Boulianne est membre du réseau d’auteurs et d’éditeurs AuthorsDen et de la Nonfiction Authors Association (NFAA) aux États-Unis. Il adhère à la Charte d’éthique mondiale des journalistes de la Fédération internationale des journalistes (FJI).



