Je partage avec vous un article deGabriel Larralde, intitulé « [Vidéo] Profanation à la chapelle Sainte Jeanne d’Arc à Paris : “C’est carrément démoniaque” », publié le 28 avril 2026 sur le site internet Tribune Chrétienne. « Mettre l’enfer au cœur de l’église, Il n’y a plus de limites, il faut tout déconstruire » : une agression et une insulte revendiquées à la foi chrétienne. ◾
Pendant plus d’une semaine, du 16 au 25 avril, dans l’écrin de rêve du village Reille, à Paris 14, la chapelle gothique Sainte Jeanne d’Arc, a accueilli le collectif Cirquefier.e.s pour un spectacle de cirque satanique. Ce groupe se revendique LGBTQIA+ et féministe intersectionnel, et compte quelque 8 000 abonnés sur Instagram. Son objectif affiché : faire du cirque « un cri queer fier et puissant ». Dans leur manifeste, les membres du collectif assument de vouloir bousculer, voire renverser certains codes, et de donner la possibilité à tous de s’exprimer, même s’ils sont « choquants, bousculant, agressifs… ». Le mouvement queer y est présenté comme un « acte politique » dont la finalité est de « déconstruire ensemble ». Tout est dit et assumé.
Nous avons voulu voir de nos propres yeux. Alors nous avons assisté à ce spectacle, pour tenter d’en comprendre la logique revendiquée de « tout déconstruire ». Le soir du spectacle, la chapelle affiche complet. Le cadre n’a guère changé : vitraux en excellent état et en particulier celui de Sainte Jeanne d’Arc, qui sert de décor à la scène, les croix sur les colonnes, autels latéraux ,tous les signes sacrés sont encore en place. Seul l’autel a disparu, remplacé par un portique de cirque. C’est dans ce cadre que se déroula une soirée mêlant acrobaties de cirque, danses lascives, nudité, remarques et humour obscènes. Absolument tout était sexualisé.
Huit personnages investissent l’espace, parmi lesquels Esther, drag queen officiant comme “guide”, Dany Tran, “le Feu” en qualité de metteur en scène, Alia “la sorcière”, Merry “le serpent”, Zhayiia “la lionne”, Marine “la Terre”, Natrix “la bête”. Systématiquement vêtus de strings et chaussés de talons aiguilles XXL, ces corps, masculins, féminins, transexuels, évoluent sous des lumières stroboscopiques au rythme de sons gutturaux et de pop électro. Esther lance les hostilités rapidement : « Vous savez que la chapelle Reille ce n’est pas son vrai nom, en vrai c’est la chapelle Sainte Jeanne d’Arc, et on va y mettre le feu ! », sous les acclamations du public, précisant finalement que c’est ironique… Des flammes dansent dans le chœur, sur le sol, et à travers la nef entière sur des torches. Des personnages en robe noire encapuchonnée, en petite tenue avec des cagoules en cuir à pique métallique, en string à talon XXL traînant des chaînes en fer dont ils s’affranchissent défilent tour à tour, dans un scénario particulièrement lugubre. Mais une lame de fond provocatrice et libidineuse persiste également.
« Oh waouh ! » est un cri de ralliement et d’approbation qui ponctue le spectacle et entre les tableaux, les artistes interagissent personnellement et physiquement avec des spectateurs portant un « badge de consentement » sur la poitrine… C’est ainsi qu’Esther, le drag queen fait écarter les jambes d’une jeune femme avant de glisser son talon aiguille au milieu, sur sa chaise. Ou après une performance “artistique”, “le guide” s’exclame ! « Vous avez chaud après ce numéro ! Y’en a qui vérifient leur pantalon… »
De la désacralisation à la profanation
Selon le droit canon (Can. 1222 – § 1.) « Si une église ne peut en aucune manière servir au culte divin et qu’il n’est pas possible de la réparer, elle peut être réduite par l’Évêque diocésain à un usage profane qui ne soit pas inconvenant. » La désacralisation passe par deux actes : le premier une exécration, est un acte liturgique permettant d’ôter au lieu son caractère sacré (l’autel principal, des reliques par exemple). Le second est la désaffectation, actée par la préfecture.
Interrogé sur l’évènement, l’abbé Mathieu Raffray, de l’Institut du Bon Pasteur et docteur en philosophie abonde sur la persistance des signes sacrés dans l’église malgré la désacralisation et il ne dissimule pas son indignation : « Pourquoi utiliser une église pour ça ? Il y a une volonté de perversion, de profanation dans un lieu construit pour un certain but, avec une certaine idée. »
L’abbé est sidéré. « Cela m’horrifie. Venir y faire tout et n’importe quoi c’est au minimum manquer du respect pour nos ancêtres, pour ceux qui nous ont précédés, pour notre culture, pour notre histoire, pour la foi de nos parents et puis pour ceux qui sont chrétiens aujourd’hui encore. Vous avez vu les photos, C’est carrément démoniaque. » Il précise qu’il n’a pas d’hostilité intrinsèque contre le spectacle et ses artistes :« Ils peuvent faire leur spectacle là où ils veulent, mais pas dans une église. Ma critique n’a rien à voir avec le fait que ce soit des gens LGBT. C’est le fait de profaner. »






La vente du couvent : une responsabilité engagée
La question de la cession du lieu mérite que l’on s’y arrête. La communauté des Franciscaines missionnaires de Marie a quitté le couvent fin 2020, faute d’effectifs suffisants pour entretenir un ensemble de quatre étages, occupé par la communauté depuis 1895. L’ensemble immobilier d’un volume de 3500 m² à l’intérieur et idem à l’extérieur a été racheté par In’li, filiale d’Action Logement. Depuis 2021, la coopérative Plateau Urbain, en partenariat avec les associations Aurore et Carafol, exploite le site comme « tiers-lieu » dédié aux expérimentations sociales, culturelles et artistiques. Or, selon l’abbé Raffray, une proposition d’achat avait été formulée par des fidèles catholiques, et refusée :
« Je connais des catholiques laïcs traditionnalistes qui leur ont fait une proposition d’acheter l’église et elles ont refusé. Franchement, je me demande comment des religieuses peuvent avoir vendu une [telle] église à n’importe qui. Elles auront des comptes à rendre spirituels devant le bon Dieu. Elles ont gagné de l’argent et en échange, maintenant, il y a des spectacles sataniques dans l’église. » Et l’Abbé Raffray de conclure avec gravité : « C’est un lieu où il y avait la présence permanente du Saint-Sacrement pendant plus de 100 ans et on l’achète avec de l’argent. On ne peut pas servir deux maîtres, c’est Mamon ou Dieu. »
Dans un contexte global de perte de pratiques religieuses et de vocations, d’un côté, et du néopaganisme de l’autre, des questions brûlantes ne sauraient être esquivées par l’Église de France : quelle est sa responsabilité dans la cession de ses biens immobiliers, tant de la part des responsables religieux que des laïcs ? Car la désacralisation juridique ne suffit pas à en effacer la mémoire spirituelle ni à protéger l’héritage de ceux qui l’ont bâti ? Quels garde-fous devraient être posés et comment, pour cadrer l’exploitation profane de ces lieux. Car on a ouvert une boîte de pandore et comme dit l’adage :
« Quand on passe les bornes, il n’y a plus de limites »
➽ À propos de la chapelle Sainte-Jeanne-d’Arc de Paris
La chapelle catholique dite Sainte-Jeanne-d’Arc est située au 32 avenue Reille dans le 14e arrondissement de Paris. Précédemment sous la responsabilité de la congrégation des Franciscaines Missionnaires de Marie, elle est depuis 2018 propriété du groupe immobilier In’li.
En 1909, Marie de la Passion voulait que l’on construise une chapelle à Paris dédiée à sainte Jeanne d’Arc que l’on venait de béatifier. La première pierre est posée le 2 juillet 1911. La bénédiction de la chapelle a eu lieu le 29 septembre 1913, et elle fut consacrée en 1964. En 2018, le couvent Reille est acheté par le groupe In’li qui annonce en septembre 2024 l’obtention d’un permis « pour la construction de 107 logements ». La chapelle est confiée en 2025 à l’« opérateur d’urbanisme transitoire » Plateau Urbain.
La chapelle, construite en béton armé, est de style néogothique inspiré de la Sainte-Chapelle. L’architecte Édouard Bérard en dressa les plans, mais l’église fut achevée en 1913, après son décès en 1912, par l’architecte Paul Courcoux. La chapelle possède trois cloches nommées Marie, Jeanne et Michel-Jeanne. Les vitraux sont surmontés d’un médaillon en haut représentant dans un cercle coupé par 4 épées couronnées la mention Jésus Maria et mentionnent les dates et les noms des villes où Jeanne d’Arc est passée.
À droite de l’église : Rouen (30 mai 1431), Domrémy (17 juillet 1429), Moulins (9 novembre 1429), Bourges (septembre/octobre 1429), Châtellerault (22 avril 1429), Coulommiers (9 août 1429), Tours (avril 1429), Loches (mai/juin 1429), Blois (27 avril 1429), Auxerre (1er juillet 1429).
À gauche de l’église : Chinon (9 mars 1429), Poitiers (20 avril 1429), Jargeau (12 juin 1429), Beaugency (16 juin 1429), Troyes (10 juillet 1429), Paris (8 septembre 1429), Soissons (5 mai 1430), Compiègne (23 mai 1430), Vaucouleurs (23 février 1429), Patay (16 juin 1429).




Le vitrail principal situé derrière l’autel représente Orléans (8 mai 1429). On y voit Jeanne d’Arc entrer dans la ville en la délivrant. Elle est sur son cheval avec son étendard aux couleurs de Jésus et de Marie face à une foule en liesse.
Il y a un vitrail consacré à sainte Catherine, un autre à sainte Marguerite et à saint Michel qui sont les saints qui appelaient Jeanne d’Arc à sa mission de sauver la France et son roi Charles VII. Tous les vitraux portent en bas le nom du donateur. L’ensemble des vitraux fut restauré par l’atelier de la Vieille Maison des Loges-en-Josas en 1986.
La clef de voûte est étoilée où six anges soutiennent une couronne avec la devise de Jeanne d’Arc « De par le Roi du ciel » Jésus Maria 1412.1431. On y retrouve le blason de Jeanne d’Arc (une épée en pal dans une couronne et deux fleurs de lys d’or sur champ d’azur) au-dessus de chaque porte, ainsi que sous la tribune (en céramique). ◾

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En tant qu’auteur et chroniqueur indépendant, Guy Boulianne est membre du réseau d’auteurs et d’éditeurs AuthorsDen et de la Nonfiction Authors Association (NFAA) aux États-Unis. Il adhère à la Charte d’éthique mondiale des journalistes de la Fédération internationale des journalistes (FJI).






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