Le député républicain Randy Fine présente un projet de loi visant à annexer le Groenland et à ouvrir la voie à son intégration aux États-Unis

Le représentant américain Randy Fine, républicain de Floride, a présenté lundi un projet de loi autorisant le président Donald Trump à poursuivre l’acquisition du Groenland en tant que territoire américain, avec une voie vers une éventuelle intégration aux États-Unis, invoquant des préoccupations de sécurité nationale dans l’Arctique. Le projet de loi, intitulé “Loi autorisant l’annexion et l’admission ultérieure du Groenland au statut d’État, et à d’autres fins”, donnerait au président le pouvoir de prendre « toutes les mesures nécessaires », y compris des négociations avec le Danemark, pour annexer ou acquérir d’une autre manière la plus grande île du monde, qui est actuellement un territoire autonome du Royaume du Danemark. En cas d’acquisition, le président serait tenu de soumettre au Congrès un rapport décrivant les modifications nécessaires à la législation fédérale pour faciliter l’admission du Groenland comme État, après l’adoption d’une constitution jugée de forme républicaine et conforme à la Constitution américaine.

Randy Fine, représentant le 6e district de Floride, a présenté cette mesure comme essentielle pour contrer l’influence croissante de la Chine et de la Russie dans la région arctique. « Le Groenland n’est pas un avant-poste lointain que nous pouvons nous permettre d’ignorer ; c’est un atout vital pour la sécurité nationale », a déclaré Fine dans un communiqué. « Qui contrôle le Groenland contrôle les principales voies de navigation arctiques et l’architecture de sécurité qui protège les États-Unis. » Il a souligné que cette législation soutient l’intérêt de longue date de Trump pour ce territoire, que le président a décrit comme essentiel pour la défense des États-Unis et l’accès aux ressources dans un contexte de concurrence mondiale. Cette annonce intervient alors que le secrétaire d’État Marco Rubio doit rencontrer cette semaine des responsables danois et groenlandais pour discuter de la question. M. Rubio a déjà indiqué que l’administration privilégiait un achat négocié, même si la Maison-Blanche n’a pas exclu d’autres options.

Le Danemark et le Groenland ont toujours rejeté l’idée d’une annexion par les États-Unis, leurs dirigeants affirmant que l’île appartient à son peuple et insistant sur la souveraineté territoriale. Des alliés européens, dont plusieurs membres de l’OTAN, ont publié des déclarations soutenant la position du Danemark. Le Groenland, qui compte environ 57 000 habitants, est stratégiquement situé près du cercle polaire arctique et abrite des installations militaires américaines, dont la base spatiale Pituffik, en vertu d’accords de défense existants.

L’avenir du projet de loi au Congrès demeure incertain, car toute acquisition nécessiterait un large soutien et se heurterait à d’importants obstacles diplomatiques. La proposition de loi de Fine s’appuie sur des initiatives antérieures, notamment des tentatives de négociation du statut du Groenland. Depuis son premier mandat, Trump a souligné à maintes reprises l’importance du Groenland pour la sécurité nationale, ses ressources minérales et sa domination sur l’Arctique. ◾


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Par Rohit Sharma, 13 janvier 2026

La Première ministre danoise, Madame Mette Frederiksen, a fermement rejeté la position américaine, affirmant que les États-Unis « n’ont aucun droit d’annexer le Groenland ». « Il est totalement absurde de parler d’une prétendue nécessité pour les États-Unis de prendre le contrôle du Groenland », a déclaré Mme Frederiksen, insistant sur le respect du droit international et de la souveraineté.

Le gouvernement groenlandais a lui-même réaffirmé cette position. Le Premier ministre Jens-Frederik Nielsen a qualifié la rhétorique américaine d’« absolument inacceptable » et a mis en garde contre ce qu’il a qualifié de fantasmes d’annexion, insistant sur le fait que les décisions concernant l’avenir du Groenland doivent être prises par les Groenlandais eux-mêmes. « Les États-Unis ont une fois de plus réitéré leur désir de s’emparer du Groenland. C’est une chose que la coalition gouvernementale groenlandaise ne peut accepter en aucun cas. Le Groenland fait partie du Royaume du Danemark. En tant que membre du Royaume, le Groenland est membre de l’OTAN et sa défense doit donc être assurée par l’OTAN », a déclaré M. Nielsen.

Un député groenlandais indépendantiste a également déclaré à Brussels Signal qu’il n’y avait « aucun risque » d’annexion et que toute revendication américaine serait sans fondement, tout en reconnaissant les inquiétudes concernant le manque de surveillance des activités russes et chinoises dans les eaux du Groenland.

Les réactions européennes et de l’OTAN soulignent les tensions diplomatiques

Les gouvernements européens se sont ralliés à la position du Danemark, arguant que le destin du Groenland appartient à son peuple et que les alliés doivent respecter les frontières souveraines. Les dirigeants de Norvège, de Suède, de Finlande et de France ont réaffirmé que le Groenland « n’est pas à conquérir » et que les décisions concernant son avenir relèvent exclusivement du Danemark et du Groenland.

Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a averti que les tensions transatlantiques repliées sur elles-mêmes — notamment concernant la politique arctique — risquent d’affaiblir l’unité européenne, soulignant que la défense collective et la diplomatie doivent prévaloir face à la rivalité croissante entre grandes puissances.

Perspectives locales et géopolitique arctique

La population du Groenland, qui compte environ 57 000 habitants – majoritairement autochtones –, s’oppose très fortement à son rattachement aux États-Unis, d’après de nombreux sondages et déclarations d’élus locaux. Le débat de longue date sur l’indépendance de l’île vis-à-vis du Danemark complexifie encore davantage toute initiative américaine.

L’intérêt stratégique porté au Groenland s’explique en partie par les inquiétudes suscitées par les mouvements navals russes et l’investissement croissant de la Chine dans les infrastructures arctiques. Les États-Unis et les pays membres de l’OTAN considèrent l’île comme un élément central de leur future architecture de défense, alors même que le Danemark a augmenté ses propres dépenses de défense dans l’Arctique.

Alors que la loi sur l’annexion du Groenland et son admission comme État entame son parcours législatif au Capitole, le débat a transcendé la politique intérieure américaine pour devenir un point de friction dans la diplomatie internationale. ◾


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