Le 3 mars dernier, Je partageais avec vous une vidéo dégoûtante que Donald Trump avait publié sur son réseau social Truth Social et qui montrait ce qu’il imagine pour la reconstruction de Gaza, « vidé de sa population ». Dans cette vidéo de 33 secondes intitulée “Gaza 2025-What’s next ?”, on y voit des images de Gaza sous l’égide du magnat de l’immobilier : des enfants émergent d’un paysage en ruines sur une plage bordée de gratte-ciel, Elon Musk dégustant une glace, des billets de banque volant dans les air, des danseuses du ventre à barbes… Et Trump est omniprésent, avec une statue géante à son effigie et un palace nommé “Trump Gaza”, le tout sur une musique vantant “Trump Gaza-Number One”. Donald Trump avait dit vouloir faire de ce territoire, dont la reconstruction est estimée à plus de 53 milliards de dollars par les Nations Unies, la « Riviera du Moyen-Orient ».
Nous aurions pu croire que ce projet insensé et hallucinant était seulement les élucubrations passagères d’un homme malade mentalement, atteint du trouble de la personnalité narcissique, ainsi que de mégalomanie. Mais il n’en est rien !
Selon le Financial Times [Lire ci-dessous], des membres du Tony Blair Institute (TBI) ont participé à un projet immobilier d’après-guerre à Gaza visant à transformer l’enclave en une zone commerciale à but lucratif. Le projet envisageait des îles artificielles, des biens immobiliers basés sur la blockchain et ce qui a été baptisé la « Riviera Trump ». Sans oublier une « zone de fabrication intelligente Elon Musk » !
Le plan, intitulé « Le Grand Trust », était mené par des hommes d’affaires israéliens et s’appuyait sur des modèles financiers développés au sein du Boston Consulting Group (BCG). Il a été présenté à l’administration du président américain Donald Trump et proposait de « payer un demi-million de Palestiniens pour qu’ils quittent la région et d’attirer des investisseurs privés pour développer Gaza » – une mesure incitative au nettoyage ethnique présentée comme une aide économique. Le FT a confirmé que deux membres du personnel du TBI ont participé à des appels et à des fils de discussion avec le groupe. Le document décrit la guerre comme ayant « créé une opportunité unique en un siècle de reconstruire Gaza à partir des principes fondamentaux… en tant que société sûre, moderne et prospère ».
Or, ce projet coïncide parfaitement avec ce que nous avons appris de la part du Times of Israël. En effet, une proposition portant le nom d’un groupe d’aide controversé soutenu par les États-Unis décrivait un plan visant à construire des camps à grande échelle appelés « zones de transit humanitaire » à l’intérieur ― et peut-être à l’extérieur ― de Gaza pour loger la population palestinienne, décrivant une vision visant à « remplacer le contrôle du Hamas sur la population de Gaza ». Le plan de 2 milliards de dollars, créé peu après le 11 février et portant le nom de la Fondation humanitaire pour Gaza, ou GHF, soutenue par les États-Unis, a été soumis à l’administration Trump, selon deux sources, dont l’une a déclaré qu’il avait été récemment discuté à la Maison Blanche.
Le plan décrit les camps comme des lieux « à grande échelle » et « volontaires » où la population de Gaza pourrait résider temporairement, se déradicaliser, se réintégrer et se préparer à se relocaliser si elle le souhaite. « Il n’existe pas de déplacement volontaire au sein d’une population qui subit des bombardements constants depuis près de deux ans et qui est privée d’aide essentielle », a déclaré Jeremy Konyndyk, président du groupe de défense des réfugiés international et ancien haut fonctionnaire de l’Agence américaine pour le développement international, qui a examiné le plan.
Le Washington Post a fait référence aux projets du GHF de construire des complexes d’habitation pour les non-combattants palestiniens en mai. Un diaporama consulté par Reuters expose en détail les “zones de transit humanitaire”, notamment la manière dont elles seraient mises en œuvre et leur coût. Il appelle à utiliser les installations tentaculaires pour « gagner la confiance de la population locale » et pour faciliter la « vision du président américain Donald Trump pour Gaza ».
En juin, le Département d’État américain a approuvé un financement de 30 millions de dollars pour la Fondation humanitaire pour Gaza et a appelé d’autres pays à soutenir également le groupe.
Les Nations Unies ont qualifié l’opération du GHF de « intrinsèquement dangereuse » et de violation des règles d’impartialité humanitaire. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) affirme avoir recensé au moins 613 meurtres aux points d’aide du GHF et à proximité de convois humanitaires gérés par d’autres organisations humanitaires, dont l’ONU. ◼
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En tant qu’auteur et chroniqueur indépendant, Guy Boulianne est membre du réseau d’auteurs et d’éditeurs AuthorsDen et de la Nonfiction Authors Association (NFAA) aux États-Unis. Il adhère à la Charte d’éthique mondiale des journalistes de la Fédération internationale des journalistes (FJI).



