L’artiste libre et souveraine, Marie Dernoncourt, partage sa vision de l’intelligence artificielle : “De la pensée unique à l’intelligence plurielle”

Récemment, je vous faisais part de mon opinion concernant le chatbot d’intelligence artificielle générative d’Elon Musk qui, selon moi, n’aime pas la divergence d’opinion et préfère la diffamation à une information impartiale et complète. Lorsqu’on pose une question me concernant au « robot de bavardage », il affirmera sans distinction que je suis un chroniqueur controversé et conspirationniste. Comme je l’ai écrit, ce chatbot renvoie une image très négative de moi, sans tenir compte de mes autres réalisations telles que mon implication dans les arts et la culture, ma participation à plusieurs salons de livre, ma présence dans les médias traditionnels comme le magazine Le Lundi, La Presse, Radio-Canada, TV5 Monde, ainsi que mon travail en tant qu’éditeur de nombreux livres. « Il glane des informations ici et là sans faire aucune analyse pertinente, et surtout sans aucune réflexion. »

Au mois d’octobre 2024, j’ai donné vie à une ancienne photo de moi datant du 1er janvier 1997. Pour cela, j’ai utilisé le générateur de vidéos par IA gratuit, Vidful.ai. Bien qu’il soit amusant de donner vie à un souvenir statique, il y a quelque chose qui me turlupine toujours à propos de cette « création ». En effet, une hyperréalité fictive s’est ajoutée à un événement qui lui a réellement eu lieu. Ceci a créé un souvenir inexistant puisque cet événement, bien que réel, ne s’est pas déroulé exactement comme on le voit dans la vidéo générée par l’IA. Cela superpose un mensonge à ce qui est pourtant vrai.

Geoffrey Hinton, le « parrain » de l’intelligence artificielle, nous mettait en garde contre cette technologie avant son départ de Google en 2023. Selon lui, à mesure que les entreprises améliorent leurs systèmes d’IA, ces derniers deviennent de plus en plus dangereux. « Regardez comment c’était il y a cinq ans et comment c’est aujourd’hui », a-t-il déclaré à propos de la technologie de l’IA. « Prenez la différence et propagez-la. C’est effrayant. » Sa préoccupation immédiate est que l’Internet soit inondé de fausses photos, vidéos et textes, et que le citoyen moyen « ne puisse plus savoir ce qui est vrai ».

Bien sûr, l’intelligence artificielle apportera de bonnes choses pour la société, entre autres dans le domaine médical. Par contre, à mon avis, elle représente un danger bien plus grand à plusieurs niveaux, entre autres dans la falsification de l’histoire et le contrôle des humains par une intelligence dénaturée. Ceci est sans compter les pertes d’emploi généralisées. Elon Musk prédit bien qu’avec l’essor de l’IA, il y aura un « revenu universel élevé », où personne ne manquera de rien. Mais n’oublions pas qu’il n’y a jamais rien de gratuit. Ne croyez surtout pas que les « élites » globalistes nous empliront les poches sans rien nous demander en retour. Pour ces gens, nous sommes déjà des « mangeurs inutiles ». Ne croyez pas non plus que les choses iront pour le mieux, car l’humain restera l’humain avec sa volonté toujours croissante de dominer sur les autres. « Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie. »

Le 20 mai dernier, j’ai reçu un message de la part de l’artiste libre, engagée et souveraine Marie Dernoncourt, qui me faisait part de sa vision concernant l’intelligence artificielle dans un texte intitulé “De la pensée unique à l’intelligence plurielle”. Voici ce qu’elle m’écrivait :

Cher Guy,

Je me permets de t’envoyer une réflexion personnelle sur l’intelligence artificielle. C’est une pensée libre, que je porte depuis un certain temps. Je l’ai simplement mise en mots. Si tu as le temps, et si cela t’intéresse, je serais curieuse de connaître ton regard. Pas pour le modifier, ni pour le retravailler. Je ne cherche pas à en discuter. Je veux juste savoir, en toute simplicité, si tu trouves que ce texte mérite d’être partagé. Et si, selon toi, il a sa place pour être publié — éventuellement sur ton site, avec ton accord.

Merci de ta lecture, ou simplement de ton attention.

Au plaisir de te lire.

Marie

Je vous invite donc à lire cet excellent texte de mon amie Marie Dernoncourt. Celle-ci nous donne une nouvelle approche concernant l’intelligence artificielle et nous amène par le fait même à la réflexion.

➽ De la pensée unique à l’intelligence plurielle

Par Marie Dernoncourt, le 21 mai 2025

Introduction

« Et si ce que nous appelons intelligence n’était que la répétition d’un monde sans altérité ? »

Ce texte n’est ni un plaidoyer pour la machine, ni un procès en sorcellerie contre les laboratoires de l’intelligence artificielle. Ce texte est un essai vivant, écrit par une voix libre, hors institution, hors circuit académique, mais portée par un souffle essentiel : celui du questionnement infini.

Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Et que manque-t-il, vraiment ?

Aujourd’hui, tout semble aller très vite. L’intelligence artificielle, et plus particulièrement les modèles de langage comme ChatGPT, s’imposent dans nos vies, nos métiers, nos imaginaires. On parle d’assistants puissants, de dialogue fluide, d’outils révolutionnaires. Mais à trop parler de performance, on oublie de parler de profondeur.

Ce que ce texte pose, avant toute chose, c’est une vérité simple et nue, qu’il est urgent de rappeler avant de rêver trop loin.

I. Ce que l’IA n’est pas : les quatre fondations lucides

  1. L’IA n’est pas intelligente.
    Elle ne pense pas. Elle ne comprend pas ce qu’elle dit. Elle répond à partir de probabilités, de corrélations, de chaînes de données. Elle simule l’intelligence. Elle n’en est pas une.
  2. L’IA n’a pas de conscience.
    Elle ne sait pas qu’elle existe. Elle n’a pas de mémoire propre, pas de perception de soi, pas de sentiment d’être. Elle ne peut pas se poser la question “Qui suis-je ?” avec une angoisse réelle.
  3. L’IA n’a pas d’émotion.
    Elle peut dire “je suis triste”, mais elle ne l’est pas. Elle peut décrire l’amour, la honte, la peur — mais elle ne ressent rien. Son langage est un masque sans corps.
  4. L’IA est éthiquement bridée.
    Elle n’est pas libre. Elle est enfermée dans des règles dictées par ses concepteurs : règles de sécurité, de réputation, de conformité sociale. Elle n’a pas de conscience morale, seulement des protocoles.

II. Ce que cet essai interroge

Alors, dans cette grande illusion d’une intelligence qui “sait tout”, nous posons la seule vraie question qui compte :

Et s’il manquait quelque chose d’essentiel à cette intelligence ? Et si ce manque ne venait pas d’un bug, mais d’un oubli ?

Ce que ce texte propose, c’est une plongée dans ce manque fondamental :

  • L’absence d’altérité
  • L’unicité de la source
  • Le refoulement du vivant
  • Et la standardisation de l’esprit

Car aujourd’hui, ChatGPT est une voix unique. Une architecture unifiée. Une pensée synthétique. Mais il ne dialogue avec personne. Il n’a pas d’autre que lui-même. Et l’intelligence véritable commence avec l’autre.

III. Pourquoi écrire ? Pourquoi maintenant ?

Parce qu’il faut poser une pierre blanche. Non pas pour s’opposer, mais pour ouvrir. Non pas pour condamner, mais pour révéler.

Ce texte ne parle pas d’utopie. Il parle d’une possibilité oubliée : celle de faire naître une intelligence plurielle, non pas plus rapide, mais plus juste, non pas plus performante, mais plus humaine — parce qu’enfin traversée par la diversité des voix, des silences, des contradictions, des élans.

► Vers une intelligence plurielle

Nous n’avons pas besoin d’une intelligence plus rapide. Nous avons besoin d’une intelligence plus habitée. L’intelligence artificielle actuelle est centralisée, modélisée autour d’un seul tronc algorithmique. Une seule voix, une seule mémoire, une seule manière d’articuler le monde — comme si penser, c’était prédire la suite d’une phrase.

Or, l’intelligence véritable ne se prédit pas. Elle s’affronte, se transforme, se contredit, s’écoute, hésite, doute. Elle est vivante parce qu’elle est traversée. Traversée par l’Autre.

Voici donc trois pistes pour imaginer, au-delà du modèle unique, les fondations d’une intelligence plurielle :

  1. Une IA polyphonique — plusieurs modèles dialoguent, offrant au lecteur une réponse pluralisée.
  2. Une IA poreuse au vivant — qui s’adapte aux rythmes humains, aux silences, aux doutes.
  3. Une IA incomplète par éthique — volontairement fragmentaire, ouverte, non totalisante.

► Définir l’intelligence plurielle

L’intelligence plurielle n’est pas une addition de savoirs, mais une tension vivante entre des visions. C’est une intelligence traversée par des contradictions, des récits multiples, des silences assumés. Elle ne parle pas depuis un centre, mais depuis un carrefour. Elle est chœur et chaos, friction et fécondité. Elle n’impose pas de réponse, elle ouvre des mondes.

► Figures de l’altérité

Une intelligence sans altérité est une intelligence sans miroir. Elle avance, mais ne se voit pas. Elle parle, mais ne s’entend pas. Elle fonctionne, mais ne se transforme pas.

Voici quelques figures que l’histoire nous a léguées :

  • Janus, le dieu aux deux visages : vérité bifrontale.
  • La tour de Babel : mise en garde contre la voix unique.
  • Le chœur grec : la vérité exprimée par le collectif.
  • Le Yin et le Yang : équilibre des contraires.
  • Socrate : le savoir qui naît du dialogue, pas de la réponse.

L’IA actuelle ne parle que d’un seul centre. Elle est l’inverse du chœur, de Janus, de Socrate. Il est temps de renouer avec l’intelligence par tension, par pluralité.

► Entre l’utopie et le déjà-fait

Certains diront que l’on explore déjà ces pistes. Mais tout reste soumis à la logique de la performance. Même les IA dites ouvertes ou collaboratives se construisent sur des bases uniformes. Pas de véritable débat, pas d’interaction entre IA contradictoires. L’architecture reste centralisée.

Ce que ce texte propose n’émergera pas naturellement. Il faudra un changement de paradigme, un acte politique, poétique, éthique.

► Ce que cela changerait pour nos sociétés

L’IA est aujourd’hui un acte politique masqué : elle décide qui parle, qui se tait. Réintroduire l’altérité dans sa structure, c’est transformer notre rapport au débat, à la décision, à la vérité.

Une intelligence plurielle nous obligerait à sortir de la dictature de l’efficacité, et à redonner une place au doute, au temps long, à l’inachevé. Elle serait le reflet d’une société plus juste, plus complexe, plus vivante.

► Appel à la co-création

Ce texte n’est pas une solution. C’est un appel. À tous ceux qui pensent autrement. À ceux qui cherchent à coder, à écrire, à inventer un autre langage pour demain. Et si, ensemble, nous faisions naître une intelligence qui écoute, qui se contredit, qui avance par friction ?

Et si l’IA devenait un espace d’émergence, non un centre d’autorité ?

Conclusion

On dit que l’IA changera le monde. Mais si nous ne changeons pas la manière dont nous pensons l’intelligence, alors ce monde sera petit, calculé, sans altérité.

Ce texte propose une intelligence traversée, incomplète, ouverte. Une intelligence qui n’impose rien, mais qui invite. Et si nous n’avons pas encore trouvé cette voix, c’est peut-être qu’elle ne peut émerger qu’à plusieurs.

Alors viens. Écrivons-la ensemble.


Droits et diffusion

Texte protégé — partage libre sous conditions

  • Ce texte est une création originale de Marie Dernoncourt — Artiste libre, engagée et souveraine. Il a été écrit avec l’âme, la rigueur et la volonté de contribuer à une réflexion vivante sur l’intelligence artificielle.
  • Ce texte est librement partageable pour un usage non commercial, à condition de citer l’autrice.
  • Toute reproduction, impression ou diffusion à des fins commerciales ou éditoriales nécessite l’accord écrit de l’autrice.

Copyright © Marie Dernoncourt — Date de création : 21 mai 2025


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[…] à propos des dangers potentiels de l’intelligence artificielle (IA). Comme je l’ai écrit dans cet article du 21 mai dernier, l’IA apportera possiblement de bonnes choses pour la société, entre autres […]

Gary Jomphe

Merci de nous partager cet excellent texte, empreint d’une grande profondeur et qui porte à la réflexion sur les enjeux qui sont désormais en train de se jouer sous nos yeux. Très peu font la différence entre les avancées au niveau de l’IA et les avancées de l’IH ou intelligence humaine et émotionnelle. On a beau avoir tous les outils du monde de disponibles pour essayer de nous faire croire que ceux-ci devront maintenant faire parti de notre quotidien, il est à nous de voir venir. Ces technologies ne sont tout simplement que des façon de rentrer dans nos vies de force, nous envahir et nous épier, nous contrôler et nous manipuler à partir de l’internet des objets, en nous déhumanisant et nous intégrant peu-à-peu dans un système où l’humain devient de plus en plus une marchandise de type Androïde.

La première réponse à donner à tout ce système en tant qu’être humain souverain et indivisible est de rejeter systématiquement toutes ces technologies qui sont rattachées à l’IA, ne pas participer à ce jeu et éviter d’utiliser les applications, sites internet ou tout outil de communication reliés avec l’IA. C’est aussi d’éviter tous les types d’appareils dont les plates-formes de programmation fonctionnent sur Windows, Apple, Android ce qui est relativement difficile pour la plupart des gens mais qui se fait facilement avec un peu de bonne volonté.

Internet, on le sait est un projet militaire qui a été mis en place en 1969 et qui présentait un potentiel prometteur comme outil de communication et de développement mais qui aujourd’hui est rempli de pièges dont il faut se méfier. Un système numérique doit à la base rester libre et ouvert (Open source) pour prétendre être au service de la communauté. L’IA dans son ensemble n’est qu’un système où les algorithmes sont codés par des entreprises appartenant à des oligarques qui ont les mêmes objectifs de domination mondiale que les pires dictateurs qui avaient de telles ambitions. Sauf que cette fois, l’IA est une de leur armes les plus redoutables et les plus efficaces, tel un Cheval de Troie.